samedi 24 décembre 2016

Le jour ou certaines associations nous aimeront

 
Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles comprendront que nous, retraité(e)s de l’État,
avons été victimes d’une injustice coûteuse en 1982,
et alors, elles voudront nous y soustraire.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles verront que la perte de notre pouvoir d’achat
provient d’abord de la désindexation de notre rente de retraite,
et alors, elles lutteront réellement pour son rétablissement.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle justice.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles réaliseront que notre appauvrissement est progressif,
qu’il va à l’encontre du bien-être de leurs membres
et qu’il ne cessera que par un correctif légal.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle devoir moral.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles se rendront compte que plusieurs retraité(e)s souffrent
de vivre sous le seuil de pauvreté,
se faisant pourtant traiter de «gras dur ».
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle abandon.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles feront de l’indexation leur priorité,
tout comme ce fut le cas auparavant,
tant que cela ne sera pas réglé.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle équité.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles utiliseront le poids du nombre et leur influence
pour contraindre le gouvernement à rembourser
tout l’argent qu’il a soustrait du fonds de retraite.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle respect.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles s’appliqueront à réclamer la pleine indexation
pour permettre à leurs membres de suivre le coût de la vie,
ce qui n’est ni un privilège ni une iniquité intergénérationnelle.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle légitimité.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles verront à défendre les intérêts économiques de leurs membres,
tel que le leur commande leur mission.
La santé du RREGOP leur tend la main.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle «mission accomplie ».

Aline Couillard
Retraitée du RREGOP

vendredi 23 décembre 2016

Le RREGOP : des retraités de plus en plus pauvres


Le 2 décembre dernier «Retraite Québec» publiait la plus évaluation actuarielle du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), avec les données au 31 décembre 2014. Ce qui étonne ce sont les différences entre d’une part les données de cette  évaluation actuarielle et d’autre part  les données du rapport annuel de la CARRA[1] à cette même date. 

 Selon le rapport annuel de la CARRA en 2014 le nombre de retraités du RREGOP était de 232 854 et leur rente annuelle moyenne était de 19 166 $[2].

Or selon l'évaluation actuarielle 2014, le nombre de retraités était de 231 391. Ces retraités du RREGOP ont touché une rente annuelle moyenne de 17 838 $[3].

 Il y a là, semble-t-il, une certaine incohérence qui apparaît pour le moins étrange et qui devrait faire l'objet d'un questionnement.

Soudainement le nombre de retraités à une même date a diminué et ces retraités sont plus pauvres au 31 décmbre 2014.

Nous aurait-on induits en erreur dans le Rapport annuel 2014 de la CARRA? Et qu'en est-il des données de 2015 et celles à venir en 2016 ?  Peut-on s'y fier?

Autres régimes des secteurs public et parapublic.

On peut aussi se questionner sur les données du RRE[4], RRF[5], RRCE[6] pour lesquels il n'existe aucun comité de retraite?

Rappelons-le, les cotisations de ces régimes sont toujours versées au fonds consolidé de la province. Les retraités de ces régimes de retraite n’ont pu ansi bénéficier des rendements et de la plus value de leur fonds de retraite.

 L’évaluation actuarielle du RREGOP 2014

Le tableau de l'évaluation actuarielle nous révèle tout de même un portrait de la situation des retraités du RREGOP et la précarité des retraités de 65 ans et plus.

En effet, les 155 995 retraités de 65 ans et plus touchaient, au 31 décembre 2014, une rente annuelle moyenne de 12 802 $[7]. Ce groupe de retraités représente 67,4 % de tous les retraités du RREGOP. Il n’y a pas là de quoi pavoiser et encore moins prétendre que ces retraités sont des « gras dur ».

Quant aux 111 696 femmes retraitées de 65 ans et plus de ce régime, elles touchaient en 2014 une rente annuelle moyenne de 11 742 $. Faut-il le rappeler, ces oubliées du système représentent 48,3 % de tous les retraités du RREGOP.

Cette évaluaiton actuarielle montre un portrait peu reluisant des 231 381 retraités du RREGOP qui ont touché une rente annuelle moyenne de 17 838 $. 

Voilà le résultat de 34 ans de désindexation!

Les vraies questions

Les centrales syndicales prétendent que le RREGOP est en bonne santé. C’est vrai.  

Ø Pourquoi est-il en si bonne santé?

Ø Pour qui?
Voilà les vraies questions.

Depuis 1982, les rentes des retraités de ce régime de retraite sont désindexées pour toutes les années travaillées et cotisées entre 1982 et 2000. Le résultat de cette désindexation fait en sorte que les cotisations qui ont été versées à la Caisse de dépôt et placement du québec (CDPQ) génèrent des rendements et une plus value.

Les représentants du Front commun se sont assurés que les retraités actuels et futurs ne touchent pas à ce patrimoine qui selon eux leur appartient, mais qui est, en réalité, le rendement des investissements des retraités.

Régime à deux vitesses et logique variable
 
Ø Une réserve de 20 % doit être atteinte au RREGOP avant tout versement d’indexation.

Ø Une réserve de 10 % est prévue par la loi 15 sur les régimes de retraite des municipalités.

Quelle étaient les parties négociantes? Dans les deux cas, le gouvernement et souvent les mêmes centrales syndicales. Où est la logique?

Cette incohérence contribue à augmenter indûment la capitalisation au détriment des retraités. Ces derniers ne bénéfieront jamais de l’usufruit de leur fonds de retraite avec un tel taux de réserve.

Les futurs retraités, les employés des secteurs public et parapublic, les membres cotisants à ces centrales syndicales qui prendront leur retraite seront aussi touchés par cette aberrante situation.

  • Le gouvernement du Québec verse sa part «Employeur» dans le régime de retraite des membres de la Sûreté du Québec (RRMSQ[8]) depuis 2009[9].
  • Les représentants syndicaux ont refusé en 2012[10] que le gouvernement  verse sa part d’employeur au RREGOP, dans un fonds distinct à la CDPQ..

Quels intérêts défendent-ils? Les centrales syndicales se comportent comme les propriétaires du RREGOP et cela au détriment des retraités actuels et futurs.

Constitution d’un fonds de retraite

Selon la firme Russell[11], il est établi qu’un fonds de retraite est formé de 10% de cotisations, de 30 % des rendements et de la plus-value sur ces cotisations et de 60% à la prise de la retraite. Donc les retraités génèrent à eux seuls 60% du fonds RREGOP.

Comme ces derniers subissent à des degrés divers, une désindexation depuis 34 ans[12], ils ont nécessairement contribué a engraisser le fonds sans bénéficier de l’usufruit de ce même fonds. Voilà une des raisons pour laquelle le RREGOP était capitalisé à plus de 98,4% en date du 31 décembre 2014. Qu’en est-il aujourd’hui à l’aube de 2017 ?
 
Cette capitalisation a servi de monnaie d’échange dans les dernières négociations, privant ainsi les retraités de profiter de leur juste part du RREGOP. Cette monnaie d’échange s’est traduite par des baisses de cotisations pour les employés actifs, laissant croire à ces derniers qu’ils avaient ainsi plus d’argent dans leurs poches.

Ces supposées augmentations de salaire s’apparentent à quelqu’un qui ne cotise pas à son REÉR. Ce dernier ne peut s’attendre à une plus value de son REÉR. Il est de même pour celui que ne cotise pas aujourd’hui à son regime de retraite. On pourrait qualifier cela d’«Art de se tirer dans le pied» !

Qu’on se le dise, les employés d’aujourd’hui cotisent pour leur retraite demain; tout comme les retraités d’aujourd’hui ont cotisé pour leur actuelle retraite. Il est faux de prétendre que les actifs paient les rentes de retraite des actuels retraités.

Les retraités victimes d’un «hold-up»

Le 11 mai 2005, Mario Dumont alors chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) déclarait à l’Assemblée nationale que les retratés avaient été victimes d’un «hold-up».  Madame Monique Jérôme-Forget alors présidente du Conseil du trésor a acquiescé aux propos de Mario Dumont et évaluait ce hold-up à près de 1 milliard de dollars[13]. Nous étions alors en 2005. Quelles seraient aujourd’hui les sommes dues aux retraités en raison des rendements et de la plus-value des sommes ainsi spoliées? Un vol restera toujours un vol, qu’il soit gouvernemental ou le fruit de négociations ou de tractations syndicales.

En résumé le RREGOP dans sa forme actuelle est un gâchis en raison de négociations bâclées et les victimes, les laissés-pour-compte sont les retraités.

Quand la correction viendra-t-elle?

 

 

 

 

 

 




[1] La Carra (Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances) est aujourd’hui  
      fusionnée à Retraite Québec
[2] Données tirées du Rapport annuel 2014 de la CARRA (page 82)
[3] Données tirées de l’Évaluation actuarielle 2014 de la CARRA (page 20)
[4] RRE : Régime de retraite des enseignants
[5] RRF : Régime de retraite des fonctionnaires
[6] RRCE : Régime de retraite de certains enseignants (ex-religieux)
[7] Données tirées du Tableau 4 de l’Évaluation actuarielle 2014 de la CARRA (page 20)
[8] Fonds 353 (employés) et fonds 354 (employeur) : Rapport annuel de la CDPQ (page 135)
[9] Renseignements additionnels au rapport annuel de la CDPQ (page 39)
[10] Lors des travaux au Comité consultatif sur les services aux retraités et les enjeux de l'indexation
[11] La firme Russell est mondialement connue dans le domaine des fonds de retraite, 
[12] Loi 68 en 1982
[13] Résumé extrait du journal des débats de l'Assemblée nationale, 11 mai 2005

jeudi 17 novembre 2016

Retraité(e)s ne soyons pas dupes!!!

Retraité(e)s du : RREGOP, RRE, RRF, RRPE et RRCE

Le 5 décembre prochain il y aura des élections dans les circonscriptions de:


Arthabaska, Marie-Victorin, Saint-Jérôme et Verdun.

 

Votons en grand nombre et souvenons-nous de 1982. Souvenons-nous aussi de la corruption et des coupures sauvages des dernières années. Le pouvoir gris nous pouvons l'exercer ce 5 décembre prochain.






samedi 12 novembre 2016

M. Lisée: Il n’y a pas de honte à avoir honte de votre parti

Lettre à Jean-François Lisée 
 
Monsieur Lisée, il n’y a pas de honte à avoir honte de votre parti pour l’injustice qu’il a commise envers les retraités de l’État en 1982.

Cette injustice produit toujours ses effets pervers qui s’amplifient sévèrement d’ailleurs année après année. Les victimes en souffrent.

Votre parti a désindexé les rentes de retraite des retraités des secteurs public et parapublic en invoquant de faux motifs. Les ténors de votre parti ont allégué que l’inflation élevée allait vider les fonds de retraite. Rien de plus faux ! Le taux d’inflation était de 12,3 %, mais les rendements étaient de 28,1 %. Les fonds ne se vidaient pas, ils s’emplissaient.

Monsieur Lisée, cette saignée du pouvoir d’achat des retraités de l’État fait plus mal que jamais. Rentes qui restent fixes, et, augmentations qui fusent de partout s’opposent comme un diable à l’eau bénite.

Vous avez dit : « Il faut savoir reconnaître ses erreurs ». Je vous dis : Il n’y a pas de honte à avouer ses torts, mais encore faut-il les réparer.

Le Parti Québécois a erré, le Parti Québécois a délibérément laissé les retraités pour compte.

Monsieur Lisée, votre parti fait depuis 1982 de l’aveuglement volontaire, mais les retraités se souviennent (ils s’en sont souvenus aux dernières élections).

À vous d’agir pour que cessent la honte de votre parti, la souffrance de ses victimes et l’amertume de ses ex-militants.

Aline Couillard
Retraitée du RREGOP

Note:

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