jeudi 2 novembre 2017

La saga UPAC – Guy Ouellette


Je suis un retraité, ex-enseignant et je me permets de mettre mon grain de sel en émettant deux hypothèses dans la saga UPAC – Guy Ouellette.

Dans ma carrière d’enseignant, j’ai eu à bâtir des examens à choix multiples. Dans ce type d’examen, l’enseignant introduit un choix de réponses appelé « DISTRACTEUR ».  Ce choix peut être plausible pour l’étudiant qui a peu étudié et qui répond à certaines questions de manière aléatoire. Le distracteur a pour but de détourner de son objet, en reportant l'attention sur un autre objet.

Si j’applique la notion du « distracteur » à la situation UPAC –  Guy Ouellette, j’émets donc 2 hypothèses dont les objectifs seraient :

1.    Ralentir l’enquête Mâchurer.

2.    Détourner l’attention sur ce que s’apprêtait à dévoiler Guy Ouellette sur le stratagème de collusion entre l’UPAC, l’AMF et une ou des firmes comptables pour l’accréditation des compagnies désireuses d’obtenir des contrats gouvernementaux.

Donc pour atteindre le but recherché par ces deux hypothèses, on introduit un distracteur soit une fuite de documents.

Tel qu’illustré, cette fuite de documents aurait pour seul but de détourner l’attention sur la situation actuelle vers une autre activité, laquelle pourrait être vraisemblable.

Vous allez sans doute me dire que cela est tout à fait farfelu, mais devant ce cirque, cela ne pourrait-il pas être plausible?

Il ne faut surtout pas oublier que dans l’enquête Mâchurer, des acteurs importants et puissants sont en cause. Dans le cas du stratagème que s’apprêtait à dévoiler Guy Ouellette des sommes colossales sont en jeu.

Où il y a de l’homme il y a de l’hommerie n’est-ce pas?

vendredi 8 septembre 2017

L’indépendance du Québec… mais à quel prix ?


Je m’interroge depuis des décennies sur ce Québec indépendant.
Je m’interroge sur le bien-fondé de cette option.

 
Je regarde les partis politiques qui se réclament de cette option. Je constate que ces derniers ne s’entendent même pas entre eux sur la finalité de leur option. Je constate que les consultations et les négociations entre ces partis politiques s’éternisent et les partis politiques n’en finissent plus de tergiverser. Et que dire des guerres intestines dans chacun de ces partis politiques? Chacun semble détenir le monopole de la vérité, personne ne veut lâcher le morceau.

Je m’interroge toujours et je me dis que, si les politiciens ayant « la même option » ne s’entendent pas entre eux, comment réagiront-ils dans une hypothétique négociation avec le Canada?  

J’ose à peine imaginer quelle serait la durée des négociations avec Ottawa, cinq, dix, quinze, vingt ans? Quelqu’un en a-t-il au moins une idée ?

Ne soyons pas naïfs au point de penser que cette période de flottement et d’incertitude ne changera rien dans nos vies. Les interminables pourparlers actuels en : santé, environnement, éducation, richesses naturelles, partage des pouvoirs, etc.  entre le Québec et Ottawa n’augurent rien de bon dans ce domaine que sont les négociations. Le passé n’est-il  pas garant de l’avenir?

Qu’en est-il de la péréquation et de la dette canadienne ?

 
Depuis des décennies nous bénéficions de plus ou moins 10 à 15 milliards de dollars de péréquation annuellement.

Je m’interroge sur les impôts que nous devrions assumer collectivement à cause de ce manque à gagner? Car, disons-le, il serait illusoire de croire que nous recevrions ce cadeau durant toute la durée des négociations.

Je m’interroge sur l’effet qu’aurait sur nos vies l’absence de ce flux d’argent provenant des provinces canadiennes plus riches?

Quant à notre part de la dette canadienne, qu’en est-il ? Certains estiment à plus de 700 milliards de dollars en 2022. Il faudra nécessairement assumer notre part de ce déficit anticipé.

Je m’interroge sur les conséquences économiques, sur notre qualité de vie, sur notre bien-être collectif?  Car c’est de cela dont il s’agit.

Qu’est qui nous attend : une période de flottement et d’incertitude, des négociations interminables? En tout cas, certainement pas un période d’accalmies sans soubresauts!

L’après négociation qu’en sera-t-il?

Je m’interroge sur les points suivants : aurions-nous une armée, une aviation, une marine? Sûrement car nous avons des frontières à préserver, n’est-ce pas?

Un autre point d’interrogation : l’unité monétaire laquelle serait retenue?  La monnaie québécoise? Quelle en serait la valeur à l’échelle internationale?

La monnaie canadienne? Faudrait-il que le reste du Canada accepte cette éventualité? Quelles seraient, alors les modalités rattachées à une telle acceptation?

La monnaie américaine? Dans ce dernier cas hypothétique, bien sûr il y aurait négociations? Quelle en serait la durée? Quels résultats devrions-nous alors envisager?

Un pays indépendant veut dire aussi :  obligations internationales i.e. : ambassades, consulats, passeports, douanes, représentations internationales, barrières tarifaires, circulation des biens et services, traités, etc.

Prenons deux simples exemples :

·       La voie maritime du Saint-Laurent : je ne peux m’imaginer la complexité reliée à ce dossier. Nous pourrions y arriver… mais à quel prix? Le coût en vaut-il la chandelle? La destination des marchandises qui transitent par cette voie maritime est à la fois canadienne et américaine, dans ce dernier cas, quelle sera la réaction des américains?

·       La négociation de l’Aléna, il faudra reprendre le tout à zéro, avec cette fois-ci un autre intervenant : le Canada.

Ce ne sont que de simples exemples….

Depuis des décennies je m’interroge sur les coûts rattachés à l’hypothétique l’indépendance du Québec.  Peut-on être clair et répondre à cette question? Combien cela va-t-il coûter ?

Je m’interroge sur l’après négociation. Il est reconnu que présentement nous recevons plus que ce que nous donnons en taxes et impôts au Canada. Par quoi comblerions-nous cette insuffisance monétaire?

Le taux de natalité

Le taux de natalité des québécois dit de souche est à la baisse depuis plusieurs décennies.  Pour compenser cet état de fait, il faut accepter de l’immigration massive avec ce que cela comporte. Cela change et changera nos us et coutumes. Quel sera le visage du Québec dans 10 ou 15 ans? L’arrivée massive de ces nouveaux migrants changera certainement la mise.

Les réponses se font toujours attendre

 
Les réponses à ces questionnements sont toujours d’actualité mais elles se font toujours attendre. Avant de plonger dans une telle aventure, un tel projet, ne devrions-nous pas analyser le bourbier dans lequel nous pourrions être amenés?

J’ai beaucoup voyagé à travers le monde et à chaque fois que je reviens dans mon pays, je me dis que je suis bien et chanceux de vivre au Québec et par voie de conséquences au Canada. Je n’ai toujours pas trouvé d’endroit où il fait bon vivre, où le sentiment de liberté est si grand. La liberté me semble-t-il est un bien précieux qu’il faut à tout prix conserver.

Je m’interroge toujours : Sommes-nous si oppressés que cela au Canada?  Si oppression il y a, de quoi alors, s’agit-il?  

J’attends toujours des réponses…

 
Gaétan Morneau
Retraité

samedi 24 décembre 2016

Le jour ou certaines associations nous aimeront

 
Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles comprendront que nous, retraité(e)s de l’État,
avons été victimes d’une injustice coûteuse en 1982,
et alors, elles voudront nous y soustraire.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles verront que la perte de notre pouvoir d’achat
provient d’abord de la désindexation de notre rente de retraite,
et alors, elles lutteront réellement pour son rétablissement.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle justice.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles réaliseront que notre appauvrissement est progressif,
qu’il va à l’encontre du bien-être de leurs membres
et qu’il ne cessera que par un correctif légal.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle devoir moral.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles se rendront compte que plusieurs retraité(e)s souffrent
de vivre sous le seuil de pauvreté,
se faisant pourtant traiter de «gras dur ».
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle abandon.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles feront de l’indexation leur priorité,
tout comme ce fut le cas auparavant,
tant que cela ne sera pas réglé.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle équité.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles utiliseront le poids du nombre et leur influence
pour contraindre le gouvernement à rembourser
tout l’argent qu’il a soustrait du fonds de retraite.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle respect.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles s’appliqueront à réclamer la pleine indexation
pour permettre à leurs membres de suivre le coût de la vie,
ce qui n’est ni un privilège ni une iniquité intergénérationnelle.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle légitimité.

Le jour où certaines associations de retraités nous aimeront pour de vrai,
elles verront à défendre les intérêts économiques de leurs membres,
tel que le leur commande leur mission.
La santé du RREGOP leur tend la main.
Ce jour-là, elles sauront que ça s’appelle «mission accomplie ».

Aline Couillard
Retraitée du RREGOP

vendredi 23 décembre 2016

Le RREGOP : des retraités de plus en plus pauvres


Le 2 décembre dernier «Retraite Québec» publiait la plus évaluation actuarielle du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), avec les données au 31 décembre 2014. Ce qui étonne ce sont les différences entre d’une part les données de cette  évaluation actuarielle et d’autre part  les données du rapport annuel de la CARRA[1] à cette même date. 

 Selon le rapport annuel de la CARRA en 2014 le nombre de retraités du RREGOP était de 232 854 et leur rente annuelle moyenne était de 19 166 $[2].

Or selon l'évaluation actuarielle 2014, le nombre de retraités était de 231 391. Ces retraités du RREGOP ont touché une rente annuelle moyenne de 17 838 $[3].

 Il y a là, semble-t-il, une certaine incohérence qui apparaît pour le moins étrange et qui devrait faire l'objet d'un questionnement.

Soudainement le nombre de retraités à une même date a diminué et ces retraités sont plus pauvres au 31 décmbre 2014.

Nous aurait-on induits en erreur dans le Rapport annuel 2014 de la CARRA? Et qu'en est-il des données de 2015 et celles à venir en 2016 ?  Peut-on s'y fier?

Autres régimes des secteurs public et parapublic.

On peut aussi se questionner sur les données du RRE[4], RRF[5], RRCE[6] pour lesquels il n'existe aucun comité de retraite?

Rappelons-le, les cotisations de ces régimes sont toujours versées au fonds consolidé de la province. Les retraités de ces régimes de retraite n’ont pu ansi bénéficier des rendements et de la plus value de leur fonds de retraite.

 L’évaluation actuarielle du RREGOP 2014

Le tableau de l'évaluation actuarielle nous révèle tout de même un portrait de la situation des retraités du RREGOP et la précarité des retraités de 65 ans et plus.

En effet, les 155 995 retraités de 65 ans et plus touchaient, au 31 décembre 2014, une rente annuelle moyenne de 12 802 $[7]. Ce groupe de retraités représente 67,4 % de tous les retraités du RREGOP. Il n’y a pas là de quoi pavoiser et encore moins prétendre que ces retraités sont des « gras dur ».

Quant aux 111 696 femmes retraitées de 65 ans et plus de ce régime, elles touchaient en 2014 une rente annuelle moyenne de 11 742 $. Faut-il le rappeler, ces oubliées du système représentent 48,3 % de tous les retraités du RREGOP.

Cette évaluaiton actuarielle montre un portrait peu reluisant des 231 381 retraités du RREGOP qui ont touché une rente annuelle moyenne de 17 838 $. 

Voilà le résultat de 34 ans de désindexation!

Les vraies questions

Les centrales syndicales prétendent que le RREGOP est en bonne santé. C’est vrai.  

Ø Pourquoi est-il en si bonne santé?

Ø Pour qui?
Voilà les vraies questions.

Depuis 1982, les rentes des retraités de ce régime de retraite sont désindexées pour toutes les années travaillées et cotisées entre 1982 et 2000. Le résultat de cette désindexation fait en sorte que les cotisations qui ont été versées à la Caisse de dépôt et placement du québec (CDPQ) génèrent des rendements et une plus value.

Les représentants du Front commun se sont assurés que les retraités actuels et futurs ne touchent pas à ce patrimoine qui selon eux leur appartient, mais qui est, en réalité, le rendement des investissements des retraités.

Régime à deux vitesses et logique variable
 
Ø Une réserve de 20 % doit être atteinte au RREGOP avant tout versement d’indexation.

Ø Une réserve de 10 % est prévue par la loi 15 sur les régimes de retraite des municipalités.

Quelle étaient les parties négociantes? Dans les deux cas, le gouvernement et souvent les mêmes centrales syndicales. Où est la logique?

Cette incohérence contribue à augmenter indûment la capitalisation au détriment des retraités. Ces derniers ne bénéfieront jamais de l’usufruit de leur fonds de retraite avec un tel taux de réserve.

Les futurs retraités, les employés des secteurs public et parapublic, les membres cotisants à ces centrales syndicales qui prendront leur retraite seront aussi touchés par cette aberrante situation.

  • Le gouvernement du Québec verse sa part «Employeur» dans le régime de retraite des membres de la Sûreté du Québec (RRMSQ[8]) depuis 2009[9].
  • Les représentants syndicaux ont refusé en 2012[10] que le gouvernement  verse sa part d’employeur au RREGOP, dans un fonds distinct à la CDPQ..

Quels intérêts défendent-ils? Les centrales syndicales se comportent comme les propriétaires du RREGOP et cela au détriment des retraités actuels et futurs.

Constitution d’un fonds de retraite

Selon la firme Russell[11], il est établi qu’un fonds de retraite est formé de 10% de cotisations, de 30 % des rendements et de la plus-value sur ces cotisations et de 60% à la prise de la retraite. Donc les retraités génèrent à eux seuls 60% du fonds RREGOP.

Comme ces derniers subissent à des degrés divers, une désindexation depuis 34 ans[12], ils ont nécessairement contribué a engraisser le fonds sans bénéficier de l’usufruit de ce même fonds. Voilà une des raisons pour laquelle le RREGOP était capitalisé à plus de 98,4% en date du 31 décembre 2014. Qu’en est-il aujourd’hui à l’aube de 2017 ?
 
Cette capitalisation a servi de monnaie d’échange dans les dernières négociations, privant ainsi les retraités de profiter de leur juste part du RREGOP. Cette monnaie d’échange s’est traduite par des baisses de cotisations pour les employés actifs, laissant croire à ces derniers qu’ils avaient ainsi plus d’argent dans leurs poches.

Ces supposées augmentations de salaire s’apparentent à quelqu’un qui ne cotise pas à son REÉR. Ce dernier ne peut s’attendre à une plus value de son REÉR. Il est de même pour celui que ne cotise pas aujourd’hui à son regime de retraite. On pourrait qualifier cela d’«Art de se tirer dans le pied» !

Qu’on se le dise, les employés d’aujourd’hui cotisent pour leur retraite demain; tout comme les retraités d’aujourd’hui ont cotisé pour leur actuelle retraite. Il est faux de prétendre que les actifs paient les rentes de retraite des actuels retraités.

Les retraités victimes d’un «hold-up»

Le 11 mai 2005, Mario Dumont alors chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) déclarait à l’Assemblée nationale que les retratés avaient été victimes d’un «hold-up».  Madame Monique Jérôme-Forget alors présidente du Conseil du trésor a acquiescé aux propos de Mario Dumont et évaluait ce hold-up à près de 1 milliard de dollars[13]. Nous étions alors en 2005. Quelles seraient aujourd’hui les sommes dues aux retraités en raison des rendements et de la plus-value des sommes ainsi spoliées? Un vol restera toujours un vol, qu’il soit gouvernemental ou le fruit de négociations ou de tractations syndicales.

En résumé le RREGOP dans sa forme actuelle est un gâchis en raison de négociations bâclées et les victimes, les laissés-pour-compte sont les retraités.

Quand la correction viendra-t-elle?

 

 

 

 

 

 




[1] La Carra (Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances) est aujourd’hui  
      fusionnée à Retraite Québec
[2] Données tirées du Rapport annuel 2014 de la CARRA (page 82)
[3] Données tirées de l’Évaluation actuarielle 2014 de la CARRA (page 20)
[4] RRE : Régime de retraite des enseignants
[5] RRF : Régime de retraite des fonctionnaires
[6] RRCE : Régime de retraite de certains enseignants (ex-religieux)
[7] Données tirées du Tableau 4 de l’Évaluation actuarielle 2014 de la CARRA (page 20)
[8] Fonds 353 (employés) et fonds 354 (employeur) : Rapport annuel de la CDPQ (page 135)
[9] Renseignements additionnels au rapport annuel de la CDPQ (page 39)
[10] Lors des travaux au Comité consultatif sur les services aux retraités et les enjeux de l'indexation
[11] La firme Russell est mondialement connue dans le domaine des fonds de retraite, 
[12] Loi 68 en 1982
[13] Résumé extrait du journal des débats de l'Assemblée nationale, 11 mai 2005

Note:

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